Avec « Industry Plant », Miki sublime ses blessures dans un premier album bouleversant diffusé par Le Point – Toute l’info en continu le
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Titre exacte donné par le journal était: Avec « Industry Plant », Miki sublime ses blessures dans un premier album bouleversant
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On l’a dite trop jeune, trop douée, donc suspecte. Comme si le talent fulgurant, surtout chez une femme, ne pouvait être qu’un coup monté. L’été dernier, dans le vacarme des réseaux, l’insulte a surgi comme une macule indélébile : Miki serait une vulgaire industry plant. Une artiste cultivée en serre par un label, un produit sous Cellophane sans aucune authenticité. Son premier EP, Graou, avait été encensé par la presse mais vite cloué au pilori par les haters.
Beaucoup s’y seraient brisés. Elle en a fait un manifeste. Son premier album, Industry Plant, sonne comme une revanche. Un titre ironique, presque insolent, qui transforme le soupçon en étendard. Comme l’a démontré le grand sociologue Erving Goffman, le « stigmate » peut toujours être renversé pour devenir une force créatrice. C’est exactement ce que fait Miki : elle se réapproprie son histoire pour la jeter à la face du monde.
Dès les premières notes, l’évidence s’impose. Oui, Miki pousse vite. Mais pas sous perfusion industrielle. Plutôt comme une herbe folle qui fend le béton, sans se soucier du regard des gens. Son écriture, faussement minimaliste, taille dans le vif : chaque phrase claque comme un texto envoyé à minuit, brève et crue, convoquant dépression, psychotropes ou blessures sexuelles sans crier gare. C’est une langue qui ne ménage personne, elle la première, et qui oscille entre chanson et scansion, piochant tour à tour dans le rap, la pop et l’hyperpop.
Les quatorze morceaux puisent dans ses carnets intimes. Depuis l’enfance, la Franco-Coréenne de 26 ans tient un journal, rituel qui a façonné son écriture directe sans filtre ni surmoi bondissant d’un souvenir d’enfance à une angoisse d’adulte. Miki ose chanter ce qu’elle n’a peut-être jamais dit. Même sa mère, dit-elle, se sent blessée par des paroles qui la mettent en « colère ».
Derrière la légèreté, la nuit
Mais, derrière ces confidences, un fil rouge s’impose. Le désenchantement amoureux, toile de fond constante, n’est jamais qu’un décor d’apparat : il ouvre la voie à une radiographie plus large de l’époque, de ses démons, de ses angoisses. Les textes, parfois d’une crudité désarmante, scandent sans détour ce qui mine sa génération. Dès l’ouverture avec « Yes », elle frappe fort : elle dit croire « ne pas s’être crash sur la bonne planète », balance qu’elle « vomit tous les mots qu’on dit sur [elle] sur Internet » et avoue que ça la « blesse ». Tout l’album suit cette ligne de crête, entre pop sucrée et électro rugueuse, où la douleur se déguise en ritournelle.
Derrière les refrains acidulés affleurent des thèmes toujours plus sombres : suicide, addictions, dépression. On pense à Prévert qui disait peindre malgré lui « les choses cachées derrière les choses » : « Un nageur, pour moi, c’est déjà un noyé… Je crois peindre la joie, la musique… Et, sur ma toile, c’est la jalousie, la haine, le meurtre. » Chez Miki aussi, ce qui semble léger est toujours rattrapé par une noirceur crépusculaire.
Dans « Échec et mat », c’est la violence conjugale qui surgit, frontale (« Un jour c’est bon, un jour t’es con, comme quand t’aimes plaquer ma tête contre la plaque de la cuisinière »). Dans « Cartoon Sex », elle revient sur l’agression que son prof de tennis lui a fait subir (« J’ai un prof de tennis qui m’a touchée là où fallait pas »). Dans « Miki cowboy », elle confie le désaveu paternel et met à nu une relation cabossée (« Plus une fille au pair que la fille de mon père »). Enfin, dans la très inconfortable « Roger Rabbit », elle met en scène la prédation d’un adulte sur une mineure et la difficulté de s’extraire de l’emprise de celui qui « a mangé tous les enfants du coin ».
Miki préfère les abysses
Et pourtant, le disque est traversé de tubes évidents. « Cartoon Sex », « Particule », « Jtm encore », « Échec et mat » l’ont déjà prouvé. Et l’album en réserve d’autres, promis à tourner en boucle : la mélancolie entêtante de « Poly Pocket », l’énergie cathartique de « Yes »… Tristan Salvati, artisan des grands succès d’Angèle, signe des refrains limpides et des mélodies efficaces. Mais là où Angèle enrobe ses fêlures d’une légèreté solaire, Miki préfère les abysses et assène : « C’est quand tout devient sombre que j’y vois plus clair. » Jusqu’à transformer le tourment en carburant : « Je me sers de mes sanglots pour me faire des cafés. »
À mesure que l’on avance, l’album bascule dans une intensité presque insoutenable. « Hana One », prière moderne d’un amour bancal, et « Aphexion », méditation sur l’affection malgré nos parts dysfonctionnelles, ouvrent un espace de fragilité. C’est pourtant « BNF », avant-dernier titre et sommet du disque, qui frappe le plus fort. L’instru haletante s’emballe comme une nuit en club où la sueur colle aux murs, mais, au lieu de l’ivresse, c’est l’effondrement intérieur que l’on perçoit. La solitude, les rêves de suicide, l’impression d’être inutile dans un monde qui « part en couilles ». Les phrases s’abattent comme des verdicts : « J’suis même pas sûre d’être un humain/Tout me glisse, tout me coule dessus comme un amphibien. » Puis vient la dévalorisation nue : « Je veux pas me respawn, je pense être remplaçable/Je partirai en catimini quand vous êtes à table. » La chanson se conclut par cet appel à l’aide désarmant qui fait monter les larmes. Le cœur noir du disque, qui hante longtemps après l’écoute.
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Au fond, ce premier album dit déjà tout : un talent brut, une sincérité sans filtre, et le courage d’exposer sa fragilité en transformant ses stigmates en chansons. Industry Plant s’impose comme l’un des plus beaux disques de la pop francophone récente : à la fois accrocheur et bouleversant, acidulé et sombre, intime et générationnel. On y entend une artiste qui ne cherche pas à plaire mais à dire, et c’est peut-être pour ça qu’elle nous touche autant. On peut parier qu’elle n’en est qu’au début : Miki a tout pour durer, et surtout pour inventer un chemin qui n’appartiendra qu’à elle.
Miki, « Industry Plant », Structure-Believe, disponible le 3 octobre 2025.
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Bibliographie :
Je cours mon premier marathon.,sur ce lien la fiche descriptive.
La France noire en textes.,Présentation du livre.




