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Deux mois après le violent tremblement de terre qui a ravagé le Sud et l’Est de la Turquie et une partie de la Syrie, les travaux de déblaiement se poursuivent. De nombreux bâtiments endommagés doivent être détruits et des milliers de mètres cubes de gravats évacués. C’est le cas notamment à Antakya, dans l’une des agglomérations les plus gravement touchées, et qui n’est plus aujourd’hui qu’une ville fantôme.
Avec notre envoyée spéciale à Antakya, Céline Pierre-Magnani
Le bruit des pelleteuses résonne à chaque coin de rue. Le ballet des milliers de camions de chantier soulève en continu des nuages de poussière.
Yusuf est un réfugié syrien présent en Turquie depuis 2012. Voilà deux mois qu’il est employé par une entreprise de construction à Antakya. Chaque jour, de 8 heures du matin à 6 heures du soir, il déblaie des centaines de mètres cubes de gravats pour nettoyer la ville :
« Un ami m’a proposé de travailler ici. Il avait besoin de quelqu’un pour manœuvrer le camion de chantier. Alors, j’ai commencé à travailler. Au bout du 32e ou 35e jour de travail, un camion de chantier est venu. J’étais en train de creuser et un autre camion de chantier est arrivé. J’étais en train de réfléchir les gravats quand 6-7 cadavres sont apparus. C’était vraiment pas beau à voir… Pendant deux jours, je n’ai pas pu venir sur le chantier. J’ai fini par recommencer à travailler. Les gens me disaient que j’avais vraiment une sale tête. »
Yusuf a repris le travail à plein temps, et il n’est pas au bout de sa peine. Rares sont les bâtiments qui ont été épargnés à Antakya. Des milliers de constructions endommagées sont condamnées à être également détruites.
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